Didier CHABROL

« Donzy c’était la ville du Nohain. Il l’enserre de ses bras vifs et puissants, rejoints par la Talvanne et ses truites. La force des eaux avait permis toutes sortes d’industries mystérieuses, mais les roues des moulins, dangereux pièges noirs, étaient presque toutes arrêtées. Les hameçons et les cuillers de Donzy, de qualité supérieure, étaient la terreur des ablettes et des brochets, au confluent avec l’Accotin.

 

A Paris, le bon Jean Nohain faisait rire les petits enfants dans l’étrange lucarne.

 

C’était aussi une capitale, pour ceux qui se tournaient vers l’histoire : Hervé, le fougueux baron, n’avait-il pas conquis le comté de Nevers sur un petit-fils de France, et la belle Mahaut, sa cousine ? On nous montrait les abbayes qu’ils avaient fondées pour se faire pardonner : Bellary, en lisière de la grande forêt ; l’Epeau dans sa vallée – attention, les pierres pouvaient tomber !- et Coches, qu’on ne retrouvait jamais. Et les autres, détruites ou abandonnées de longue date, comme Notre-Dame du Pré ou Bourras.

 

A Saint-Denis,on voyait l’enfeu de Bureau de La Rivière,qui reposait depuis près de 600 ans aux côtés de son roi.

 

Les maisons-fortes de puissants seigneurs ou de simples écuyers jalonnent toujours le cours du Nohain, qui alimente leurs fossés. Les guerres et les modes les ont transformées. La Motte-Josserand seule a résisté, malgré Cent ans et plus de luttes alentour ; mais la marque du temps est harmonieuse aux Granges, où la Renaissance égaye le Moyen-âge ;Vergers a été remplacé par un palais moderne, mais sa chapelle Saint-Pallade nous rappelle l’ancien temps de l’Auxerrois….

 

Il fallait écouter leurs histoires, pour retrouver le temps, pour que le vieux Donziais s’anime sous nos yeux, et pour les partager. »

 

 

Didier CHABROL

haut fonctionnaire en retraite (préfet), originaire de Suilly-la-Tour par sa mère, où il a passé toutes ses vacances d’enfant, d’où son attachement à la région. 

 

(Paris, Avril 2016)

 

Site : terres-et-seigneurs-en-donziais

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